Exposition rites de passage au Lycée Fernand Léger

11042012

Découvrez la première exposition réalisée en partenariat par le LTDK et le Lycée Fernand Léger !

Cette exposition est la première à avoir été élaborée grâce à notre partenariat international avec le Lycée Technologique de Douala Koumassi (LTDK) au Cameroun. A la fin de l’année 2011, deux enseignantes de Lettres du LTDK, Mmes KOMPE et TITCHO, nous ont fait parvenir des productions d’élèves sur la dot, ainsi que les rites de veuvage et de succession dans l’Ouest du Cameroun. Nous avons décidé de faire de ces textes des objets d’étude pour la Classe d’Accueil 2011-2012, qui introduiraient une recherche sur les rites de passage en France et dans les différents pays des élèves.

 Le concept de rite de passage a été élaboré par un ethnologue français, Arnold Van Gennep, au début du XXème siècle. Il a classé les rites selon le déroulement de la vie humaine : naissance et enfance, rites d’initiation, fiançailles et mariage, funérailles. A l’issue de ces rites, la personne accède à un nouvel état social. Ce concept lui a permis d’interpréter un grand nombre de faits cérémoniels. Dans le cadre de l’exposition, nous n’avons travaillé que sur la grossesse, la naissance, le mariage et le décès.

 Cette année, les élèves participants (tant de la classe d’accueil que du Cameroun) sont issus de pays marqués par les religions monothéistes : Christianisme et Islam. Les traditions religieuses jouent un rôle déterminant dans les moments solennels marqués par les rites de passages. A une époque où l’intolérance se fait souvent entendre, notre étude a donc été l’occasion de comparer ces traditions afin de mettre en avant les valeurs communes de ces religions. C’est sous cet angle que nous avons parfois pris le parti d’élargir la réflexion à la religion juive, troisième grand monothéisme.

L’exposition présente donc, de façon tout à fait non exhaustive, un certain nombre de croyances et traditions liées aux rites de passage dans diverses régions du monde. Par delà l’apparente diversité, voire le franc exotisme que revêtent certaines pratiques à nos yeux, n’est-il pas possible de chercher à approcher l’universel humain en s’interrogeant sur les valeurs et préoccupations communes sous-tendant les différents rites?




NAITRE – L’ACCUEIL DU NOUVEAU-NE : choisir le prénom

11042012

Par les élèves de la Classe d’Accueil 2011-2012 (Fernand Léger)

Le choix du prénom a beaucoup d’importance dans toutes les civilisations, comme si ces quelques syllabes associées au bébé allaient marquer profondément sa vie.

En France, les parents ont de longues discussions au sujet du choix du prénom. Avant, on donnait toujours des prénoms français et beaucoup d’enfants nés à la même période avaient le même prénom : par exemple, les petites filles nées dans les années 70 s’appelaient Karine, Sandrine, Sophie, Isabelle… et les petits garçons Christophe, Stéphane, David, Sébastien… Longtemps encadré par une loi de 1803, le choix des parents, qui était jusqu’alors restreint aux seuls prénoms en usage dans les différents calendriers et à ceux des personnages connus dans l’histoire ancienne, a été libéralisé par la loi en 1993. De nos jours, les parents cherchent surtout à être originaux et les prénoms viennent du monde entier : on trouve dans les cours de récréation des petits Solal, Esteban, Rayan, Owen… et des petites Maya,  Lily, Inès, Méliné… Ou même des prénoms inventés, surtout pour les filles : Siara, Anaé, Maelys, Méloé

En Colombie, on donne des prénoms tirés de la Bible, comme David, Maria, Cristina

En Algérie, on choisit des prénoms de nos grands-pères et grands-mères ! Ce sont obligatoirement des prénoms musulmans parce que selon la foi musulmane, Dieu nous appelle tous par notre prénom au moment du jugement après notre mort. C’est donc très important de bien choisir le prénom du bébé ! L’enfant reçoit son prénom que le père choisit parmi ceux de la famille du prophète Mahomet. Ce prénom doit être agréable pour l’enfant et non offensant ou handicapant pour son avenir.

Au Mali, chez le peuple soninké, on choisit pour l’enfant un prénom qui a déjà été porté dans la famille. C’est une manière de garder toujours la mémoire de nos ancêtres et de leur sagesse. On trouve des prénoms d’origine coranique (Daouda pour David, Issa pour Jésus, Mamadou pour Mohamed, Fatoumata pour Fatima…), mais aussi des prénoms purement maliens : Songo ou N’Diany pour une fille, Sourakhé ou Modibo pour un garçon.  Traditionnellement, on choisissait le prénom en fonction des conditions de l’arrivée de l’enfant : par exemple, Sira pour une petite fille première-née, Samba pour un garçon né en deuxième, Sokhane pour une fille dont le père est décédé pendant la grossesse de sa mère (l’équivalent pour un garçon étant Wagui). L’enfant porte aussi le prénom musulman correspondant au jour de sa naissance.

 

En Haïti, si la future maman n’a pas eu le temps d’arriver à l’hôpital,  le lieu où elle accouche va rester comme un surnom pour le bébé, par exemple si elle accouche dans un chemin, le bébé va être surnommé Tichemin. Mais il recevra aussi un prénom chrétien pour son baptême.




La dot chez les Bamilékés (Ouest-Cameroun) par Alain Soh

11042012

La dot est un bien que la femme reçoit en se mariant. Chez nous les Bamiléké, c’est une cérémonie spéciale avant le mariage.

 Tout commence lorsque le fiancé présente la fiancée aux parents et en présence des fiancés, les deux familles se fixent une date pour la dot. Le jour de la dot, le fiancé et sa famille se rendent chez la fiancée. Après les préparatifs les invités s’installent et la cérémonie débute. Le père de la fiancée demande :

-         Que venez-vous faire ici ?

Et un porte-parole du marié répond :

-         Nous avons faim et nous venons chercher un rejeton de bananier que nous pouvons planter  et entretenir.

-         Nous n’avons pas de rejeton de bananier.

-         Nous venons chercher quelqu’un qui puisse nous préparer à manger

-         La personne n’est pas ici, dit le père de la fille.

-         Nous savons que celle que nous cherchons est ici.

-         Allez voir si la personne qu’ils cherchent est dans la maison.

 Le père de la mariée envoie une fille. Elle part et revient avec une jeune fille, mais pas celle qu’ils cherchent.

-         C’est elle que vous voulez ?

-         Non.

L’envoyée ramène la fille derrière et revient seule.

-         Où est-elle ? demande le porte-parole.

-         La voiture n’a plus d’essence, dit la fille.

-         Il faut de l’essence dans la  voiture, dit son père.

 La famille du fiancé donne alors une enveloppe pour l’essence et elle revient bredouille et dit que la voiture s’est embourbée et il faut pousser. La famille donne encore une enveloppe et elle revient avec une autre fille, mais pas la bonne.

-         Voilà celle que vous cherchez, dit le père

-         Ce n’est pas elle.

 Et il donne le  nom de celle qu’ils cherchent. Le père l’envoie chercher.

-         Il faut ajouter l’essence.

 La famille avance et donne une enveloppe à plusieurs reprises pour mettre le carburant ou pousser une voiture embourbée dans la maison. Enfin, la fiancée apparaît sous les ovations de l’assistance. Les parents des deux côtés se retirent et vont s’entretenir à huis clos. Après la musique se fait entendre, on mange, on boit, et on danse. C’est la fête. Enfin tout se termine bien et les deux parties se séparent dans la joie.

 




LES RITES DE VEUVAGE CHEZ LES ABÔ DE GRAND SOUZA

11042012

LITTORAL – CAMEROUN – Thomas MPACKO EYANGO, 1ère G23, LTDK

 

            Dans la coutume Abo, lorsqu’une femme perd son mari, elle doit faire la cuisson du haricot-coutumier qu’elle devra ensuite piler dans un mortier, mélangé à l’huile de palme qu’elle va manger avec les femmes de sa belle-famille.

Trois jours après l’enterrement du défunt

          La veuve reste enfermée dans sa chambre tous les jours pendant un certain temps. Lorsqu’elle sort pour un besoin quelconque, celle-ci se fait accompagner d’une femme de sa belle famille qui est chargée de la garder ; il lui est strictement interdit de rester assise dehors pour quoi ce soit. Elle ne doit pas travailler durant la période qui s’écoule entre l’enterrement et l’attente de la neuvaine.

Le neuvième jour après l’enterrement du défunt

         Dès quatre heures du matin, celle-ci se rend à la rivière (choisie par sa belle famille) avec  des membres de sa famille, belle-famille, amis et connaissances et toute personne désirant y aller. Une fois à la rivière, la veuve entre dans l’eau avec certaines femmes (elle ne devra pas se vêtir). On lui remet ensuite un panier avec lequel elle va devoir pêcher les poissons pour prouver son innocence envers  le défunt, si elle n’y arrive pas elle est considérée comme partisane au décès de son époux. Elle se lave par la suite, danse au rythme traditionnel en montrant ce qu’elle a appris de son mari, puis se fait habiller de bleu par la femme qui était chargée de la garder, et une corde  à sept nœuds lui est attachée autour des reins. Sur le chemin du retour, l’on entonne des chants de deuil ou mouvementés.  La veuve ne doit jamais marcher sans cette corde aux reins, à moins que celle-ci rencontre un homme qui la paye pour lui enlever cela.

             Elle porte ce panier rempli de feuilles de bananier et poissons qu’elle a pêchés, elle les dépose devant l’entrée de la porte puis les brûle. Elle traverse ensuite cela neuf fois pour se dégager de lueurs ou odeurs mythologiques laissées par son mari sur elle. Après cela, elle est libre et doit recommencer ses activités, en attendant la fête de souvenir, qui peut intervenir après 1 an, 5 ans ou 20 ans (cela dépend de la famille).




DECEDER: PREPARER LE DEFUNT

11042012

Par les élèves de Classe d’Accueil 2011-2012 (Ivry)

Tout de suite après le décès, des gestes sont faits pour rendre toute sa dignité humaine au défunt et lui rendre un dernier hommage.

En France, le premier geste après avoir constaté un décès est de fermer les yeux. Les bras du défunt sont croisés sur sa poitrine. Les employés de la morgue se chargent de rendre le défunt présentable. On lui fait une dernière toilette, on l’habille avec un vêtement donné par la famille. Aux Etats-Unis, les traditions diffèrent suivant les origines des familles. Ce sont en général les « funeral homes » qui se chargent de tout. Souvent, le défunt a tout prévu et financé avant son décès. Le défunt est apprêté pour avoir l’air le plus « vivant » possible et présenté à la famille. Dans les familles d’origine anglo-saxonnes, il est mal vu de pleurer ou de trop montrer ses sentiments.

Au Brésil, la personne décédée est enveloppée dans un linceul et placée dans le cercueil. On recouvre le corps de fleurs.

Au Maghreb, au moment de la mort, il faut fermer les yeux de la personne, afin que le corps ne suive pas l’âme avec les yeux. Il est très important d’annoncer à toute la communauté la mort d’un de ses membres.  En effet, cela permet à tous de prier pour le défunt, et de lui donner son pardon. Ceci est important pour le Premier Jugement, qui a lieu pour les musulmans juste après le décès. Puis la toilette est effectuée par la famille, avec le soutient de l’autorité islamique. Le corps est alors entièrement lavé trois fois, puis embaumé et enveloppé dans un linceul blanc (symbole de pureté), simple (symbole d’humilité), tourné vers La Mecque. Il est alors important de procéder à l’enterrement le plus rapidement possible, le jour même si possible. Le cercueil n’est pas obligatoire.

Au Mali, pays également musulman, dès que le village est avisé du décès, chacun se joint aux lamentations des femmes de la famille. Le marabout en est à son tour informé. Un premier bain mortuaire à l’eau chaude  précède une toilette selon le rituel musulman sous la direction d’un marabout. Celui ci se tient généralement derrière une palissade, et dicte à haute voix aux officiants les gestes qu’ils doivent accomplir. Ensuite seulement le mort est mis dans un linceul blanc ou habillé, (s’il provient d’une famille riche, coiffé de bonnet) et mené au cimetière ou enseveli dans la concession même. Là encore l’enterrement a lieu le plus rapidement possible.

Dans la religion juive, on ferme la bouche et les yeux du défunt, on cache son visage, on l’étend à terre les bras allongés contre le sol, les mains ouvertes puis on recouvre le corps d’un drap. On allume des bougies, on couvre les miroirs et la famille récite des psaumes. Dans les 24 heures, une toilette rituelle est faite par des personnes dont c’est la spécialité et le corps est recouvert d’un linceul. Comme chez les musulmans, l’enterrement a lieu le plus rapidement possible dans un simple cercueil en bois léger car « tu retourneras à la poussière ».







vinyasayoga |
rjrosso |
natheco |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | maitej
| ecoformation
| lequichotte